Guide de voyage
Balkans sauvages, Riviera turquoise et histoire méconnue
L'Albanie est le secret le mieux gardé de la Méditerranée. Pendant des décennies coupée du monde sous l'une des dictatures les plus hermétiques du XXe siècle, elle s'est ouverte aux voyageurs dans les années 1990 et révèle aujourd'hui des paysages et une culture intacts, pour un fraction du prix pratiqué en Grèce ou en Italie voisines. Tirana, la capitale, surprend d'emblée. Loin de l'image grise que l'on pourrait s'attendre d'un ancien État communiste, c'est une ville en pleine effervescence : immeubles peints de couleurs vives, terrasses animées dans le quartier du Blloku (autrefois interdit au peuple, réservé aux apparatchiks), musées retraçant sans tabou l'époque Hoxha dans les bunkers souterrains reconvertis. Tirana est jeune, créative, et délicieusement désorganisée. À deux heures vers le sud, Berat s'impose comme l'un des plus beaux villages ottomans des Balkans. Classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, sa colline couverte de maisons blanches aux centaines de fenêtres — qui lui valent le surnom de "ville aux mille yeux" — domine une rivière paisible. La citadelle médiévale est habitée en continu depuis l'Antiquité : une rareté en Europe. Mais c'est la Riviera albanaise qui cloue le bec aux sceptiques. De Sarandë à Dhermi en passant par Ksamil, les plages de galets blancs et les eaux turquoise de la mer Ionienne rivalisent sans rougir avec les Cyclades ou la côte amalfitaine — sans les foules ni les prix. Le site archéologique de Butrint, englouti dans une végétation dense face à Corfou, ajoute une couche d'histoire à ces paysages déjà saisissants. L'Albanie est une destination pour les voyageurs curieux qui aiment arriver quelque part avant tout le monde.
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